Publié par : Jean-Yves Lesné | février 15, 2010

Critique de Route 46 California

La prise en main du livre est d’emblée agréable, la jaquette glacée s’orne d’une gravure moderne rehaussée d’un titre concis qui situe clairement le cadre de ce « polar d’aventure ». On entre rapidement dans l’action dès le premier chapitre qui en promet d’autres donnant véritablement envie de poursuivre la lecture « pour récompense ».

La qualité de l’impression, la brièveté des chapitres rendent la lecture facile, fluide, en continu ou non pour des lecteurs maladroits et fatigables dont je suis. On n’oublie pas l’intrigue et l’on reprend le fil après une brève interruption même de quelques jours, grâce, il est vrai à des répétitions et des résumés d’enquêtes parfois bienvenus. Les changements de lieux se font sans transition et contribuent à cet aspect « Aventure » voulu par l’auteur. L’intrigue est soutenue proche d’un scénario cinématographique et le suspense entretenu sans trop de surprise pour des habitués du « Polar ». Le milieu journalistique est bien décrit de l’intérieur avec ses travers, à la recherche du sensationnel quitte à passer à côté de l’essentiel ; les rivalités du monde de la Recherche sont d’actualités dans la compétition mondiale montrant jusqu’à quel point elles peuvent aller :  « Science sans Conscience…. ».

Quant à ce Monsieur Lambert il m’impose une réflexion toute personnelle, étant à mon avis le personnage principal, il est rare que même dans un roman celui-ci ne soit pas le lieu « d’identifications projectives » de l’Auteur. En effet, partant d’un personnage somme toute assez banal : petit fonctionnaire enfermé dans son univers étriqué, la maladresse ou l’erreur d’un préposé va révéler une curiosité morbide lui ouvrant les portes d’une aventure dont on ne l’imaginait pas capable…
Il se découvre (l’Auteur ou M. Lambert ?) tel qu’il aurait dû être ou qu’il était déjà : audacieux mais pas téméraire, habile, rusé, fureteur, efficace bien au dessus d’un fin limier ou d’un détective de province, chercher et découvrir sans se faire voir, maniant le suspense avec intelligence et perspicacité.

Mais j’en arrive aux derniers chapitres où l’on découvre plus complètement l’Auteur dans des réflexions de haut niveau qui démontrent à quel point le genre littéraire l’amène à un épanouissement personnel. Il en arrive à suggérer un humanisme, un art de vivre, c’est un savoir être qui surprend  dans ce type de romans en échappant  à l’hermétisme philosophique tout en l’éloignant d’un mauvais « digest » de hall de gare ….

Pour un premier roman ce fut un coup de maître qui nous laisse présager des réalisations futures.

P. A.

« Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloges flatteurs » Beaumarchais

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